Chapitre 7: Le Dépositaire et le Sanctuaire

Laurent accéléra, le moteur hurlant une plainte étouffée contre la densité de la nuit parisienne. Solis était brutalement de retour sur l’asphalte, le carnet de l’Annexe M serré contre lui comme une relique radioactive. La vérité qu’il contenait le vrillait bien plus que la douleur lancinante de son épaule contusionnée.

« Palais de Justice, » annonça Laurent, les yeux fixes sur la route, ses phalanges blanches sur le volant. « On arrive dans cinq minutes, maximum. »

Solis se pencha en avant, retenant une quinte de toux provoquée par la poussière des conduits d’aération de la Morgue. Il ne faisait toujours pas confiance à Laurent. Le garde du corps de Valois n’était apparu que pour le sauver des mains de Lancer et de sa commandante. Cet homme avait servi Valois pendant des années, exécutant les ordres les plus sales pour maintenir l’ordre. Pourtant, il agissait maintenant comme le dernier des sauveteurs.

« Tu dis que Valois t’a ordonné de me neutraliser, » commença Solis, sa voix rauque. Il frotta son pouce sur la couverture du carnet. « Mais tu m’emmènes au Danton ou au Palais de Justice. Ça ne colle pas avec un ordre de neutralisation. »

Solis chercha une faille dans la détermination de Laurent. Il avait vu l’agent Lancer se faire manipuler par Valois. Pourquoi Laurent serait-il différent ?

Laurent jeta un coup d’œil rapide dans le rétroviseur central, un geste nerveux qui trahissait une tension que l’urgence ne justifiait pas entièrement.

« Valois pense que la vérité est plus dangereuse que le Cartographe lui-même, Gabriel. Et elle a raison, » répondit Laurent, sa voix était étonnamment calme compte tenu de la vitesse du véhicule. « J’ai servi Valois par conviction, pas par obéissance aveugle. Mon travail était d’assurer la continuité de l’ordre, pas de l’enterrer sous plus de sang. »

« Et tu crois que j’allais laisser le carnet entre tes mains ? » Solis n’arrivait pas à se calmer. La vérité d’Ombre, qu’il venait de confesser à voix haute dans cette voiture, l’avait secoué : le Cartographe était le sujet, pas le bourreau. Et le Procureur était le prochain sur la liste. « Si tu travailles pour un agent dormant, c’est pour qui, exactement ? Pour le Procureur ? »

Laurent fronça les sourcils. « Je travaille pour la survie, Gabriel. Ombre m’a contacté par un canal sécurisé juste après avoir été capturé. Il m’a dit que si le Cartographe réussissait à extraire le Nom, l’Affaire serait rouverte, mais pas par les moyens légaux. Ce serait une révolution dans l’ordre. »

Il fit brusquement un écart pour éviter un cycliste. Le choc secoua Solis.

« Laisse-moi te dire clairement mon ordre. Valois voulait que je te retrouve avec le carnet. Que je le brûle, et que je dépose ton corps, ainsi que celui d’Arnaud, dans un endroit où Lancer ne pourrait pas le trouver avant l’aube. Elle est prête à déclarer une urgence psychologique et à effacer toute trace. » Laurent prit une inspiration. « Valois ne me fait pas entièrement confiance. Elle sait que j’ai toujours eu une ligne directe avec Ombre. Mais elle est désespérée. »

Solis réalisa l’ampleur du désordre de Valois. Si elle était prête à assassiner Solis — son coéquipier de dix ans — c’était que le Procureur était l’enjeu ultime.

« Tu dis que tu veux le livrer au Procureur. Pourquoi ? » Solis demanda. « Ce mec est le premier à avoir classé l’Affaire. Il est le sommet de l’ordre que tu prétends vouloir défendre. »

Laurent secoua la tête. « Tu ne comprends pas le niveau, Gabriel. Le Procureur est celui qui a la capacité légale de surmonter la décision de Valois et de Lancer. Il est la juridiction finale. Il ne peut pas enterrer sa propre culpabilité sans détruire tout le système. S’il ouvre le carnet, il est forcé de rouvrir l’Affaire. Il est le seul homme qui n’est pas personnellement impliqué dans l’étouffement, seulement dans l’approbation de la classification. »

Solis réfléchit. Laurent n’était pas un agent dormant travaillant contre l’ordre, il était un agent dormant travaillant pour un ordre supérieur, une ligne légale que Valois avait outrepassée en tirant sur Solis.

« Et Marc Deschamps ? Le nom que j’ai inventé ? »

Laurent sourit, un éclair sombre sur son visage. « Ombre a confirmé par la dernière transmission que vous étiez le dépositaire du Nom. Mais il a aussi dit que vous aviez menti sur Marc Deschamps. Le Cartographe sera dérouté pendant une heure ou deux. C’est le temps dont nous avons besoin. »

Solis regarda le carnet. Pages 83 et 84. Le Procureur détenait le Nom. Et le Cartographe allait le forcer à le révéler.

Il réalisa qu’il ne pouvait pas faire plus confiance à Laurent qu’à Valois. Il devait s’assurer que Marie-Ange, sa seule alliée neutre, soit au courant de leur localisation et des dernières informations.

« On va faire une chose, Laurent, » dit Solis, se redressant. « Je te donne le carnet pour le Procureur, mais tu fais ce que je te demande d’abord. »

« Quoi ? »

« Tu contactes Marie-Ange. Tu lui dis où nous sommes, et tu lui dis de décrypter la note en latin sur la page 84. Immédiatement. » Solis ouvrit le carnet, son cœur battant à la chamade. « Elle doit décoder ‘Memoria est vita’. J’ai besoin de savoir ce que l’Arnaud voulait dire, et je veux qu’elle le sache. C’est la seule assurance que si tu me trahis, quelqu’un aura la vérité. »

Laurent hésita. Contacter Marie-Ange, c’était risquer de lui donner une piste sur leur localisation, et par extension à n’importe qui d’autre avec qui elle collaborait.

« C’est une ligne ouverte, Gabriel. »

« Elle est la seule garantie que nous ne mourrons pas tous les deux pour l’ordre que Valois protège. Fais-le ! » Solis insista.

Laurent soupira, acceptant la nécessité du risque. Il accéléra, entrant dans le 5e arrondissement, le quartier historique qui abritait le Palais de Justice.

« Très bien. Donne-moi le carnet. »

Solis serra le carnet de l’Annexe M un instant de plus. Le papier glacé lui rappelait l’odeur de formol, l’odeur de la révélation. Il tendit le carnet à Laurent, qui le prit d’une main, le posant sur le siège passager.

Laurent prit rapidement son téléphone sécurisé, un appareil ancien mais crypté, qu’il utilisait sans doute pour communiquer avec Ombre. Il composa le numéro de Marie-Ange.

« Allô, Marie-Ange, » dit Laurent, sa voix basse. « C’est Laurent. J’ai Solis. Nous sommes en route pour le Palais de Justice. Le Procureur est la cible. Solis veut que tu regardes la page 84 du carnet, l’annotation latine. Il a peur que Valois intercepte l’information avant. »

Solis écouta, tendu. Laurent était franc. C’était étonnant de voir à quel point la menace du Cartographe avait réussi à démanteler la loyauté d’un homme envers son commandement.

Marie-Ange répondit, sa voix au téléphone était un mélange de choc et d’urgence.

« Laurent ? Tu… tu es avec lui ? Je croyais que Valois t’avait envoyé… »

« Elle a envoyé, » coupa Laurent. « Mais le jeu a changé. Fais ce qu’il demande. Nous sommes en approche. Rappelle-moi sur cette ligne dès que tu as quelque chose. »

Laurent raccrocha, posant le téléphone à côté du carnet.

« Voilà. Maintenant, si nous survivons au Cartographe, ce sera la vérité de Marie-Ange contre la falsification de Valois. » Laurent regarda Solis, un regard de complicité forcée. « Pourquoi le latin ? Qu’est-ce qui te fait croire qu’Arnaud l’a écrite ? »

Solis expliqua rapidement. « Memoria est vita. La mémoire est la vie. Arnaud connaissait la signature du Cartographe. Les pages 83 et 84 sont les diagrammes du protocole de réanimation forcée, le cœur ramené à la vie pour que le sujet révèle ce qu’il a vu dans le néant. Arnaud était l’urgentiste de l’Affaire, il est le seul à reconnaître la signature médicale du Cartographe dans ce carnet. Il a marqué cette phrase dans la marge pour moi, c’est ça mon hypothèse. »

Laurent prit une profonde inspiration. « Si c’est vrai, l’interrogatoire du Procureur n’aura pas lieu pour le Nom du coupable initial, mais pour ce qu’il a vu dans le dossier, ce qu’il a dû effacer de sa mémoire légale. »

Solis haussa les épaules. « Le Procureur a une mémoire légale, pas une mémoire de travail. Je parie que le Cartographe est là pour comprendre comment on efface une vérité légale. »

Laurent conduisait à travers les rues étroites du 5e, la voiture se rapprochant du bâtiment massif du Palais de Justice, une forteresse de l’ordre, un symbole de l’autorité légale. C’était le lieu le plus sûr — et le plus exposé — de Paris.

« On va devoir être rapides, Gabriel. Il est 1h50. J’ai envoyé un message à Lancer, je leur ai dit que nous étions dans le 16e, poursuivant une piste secondaire. On a cinq minutes avant qu’ils ne répondent et réalisent la ruse. »

Solis regarda le Palais de Justice. Même au milieu de la nuit, le bâtiment était faiblement éclairé, chaque arche, chaque sculpture, témoignait d’une austérité sans faille. Il était étrange de se sentir en sécurité en approchant de l’ordre qu’il avait trahi.

Laurent s’arrêta dans une ruelle adjacente, éteignant immédiatement les lumières et le moteur. Le bruit du moteur mourut, remplacé par le silence lourd de la nuit et, au loin, le son étouffé d’une sirène.

Solis sortit précipitamment de la voiture, l’air froid lui fouettant le visage. Il était presque dans le centre nerveux de la ville, à la recherche d’un maniaque qui voulait tuer le Procureur.

« Maintenant le Procureur, » dit Solis, se dirigeant vers le carnet sur le siège. Il le prit, le rangeant sous son blouson, un poids rassurant. « Où est-il ? »

« Le Procureur a son propre appartement de fonction dans l’aile Ouest du Palais, » expliqua Laurent, sortant du véhicule. « Une zone ultra-sécurisée. On appelle ça le Sanctuaire. Il n’entre jamais et ne sort jamais sans un protocole de sécurité complet. Personne n’est autorisé à y pénétrer sans vérification biométrique. »

Solis regarda les hauts murs de pierre. « Comment le Cartographe est-il entré ? »

Laurent fit un geste de la main vers les lumières du Palais. « C’est la question. Et la sirène qu’on entend, je ne pense pas que ce soit Lancer. »

Solis écouta. La sirène était différente, plus aiguë, plus insistante. Elle se rapprochait, mais elle ne venait pas de l’Est.

Ils se dirigèrent discrètement vers l’une des entrées de service, cachée derrière une arche monumentale.

Alors qu’ils approchaient, leurs pas résonnant sur le pavé, l’air fut déchiré par une alarme. Une alerte puissante, une lumière rouge clignotante s’alluma au-dessus de l’entrée.

« Alerte générale ! » s’exclama Laurent. « Qu’est-ce qui se passe ? »

Ils s’arrêtèrent net. Une voix électronique, grave et déformée, se mit à retentir des haut-parleurs cachés dans les murs :

« Alerte rouge. Tentative d’intrusion confirmée. Protocole S-5 en vigueur. Tous les accès sont condamnés. La zone est considérée comme… environnement hostile. »

Laurent pesta. « Le Cartographe est passé ! Il a déclenché l’alerte ! »

Solis sentit son estomac se nouer. Le Cartographe avait réussi à s’introduire dans la zone de sécurité la plus stricte de France. Il ne s’agissait pas d’une simple intrusion. C’était un homme qui avait planifié son entrée au cœur de l’ordre, sachant qu’il serait immédiatement coupé du monde.

« Protocole S-5. Qu’est-ce que ça veut dire ? » Solis interrogea Laurent.

« Confinement total. Tous les accès d’urgence sont verrouillés. Aucune communication externe. La police de la PJ ne peut plus entrer. Seule l’équipe de sécurité du Procureur est autorisée à se déplacer à l’intérieur. C’est la plus haute alerte, normalement réservée aux menaces terroristes contre le Procureur lui-même. » Laurent avait l’air livide.

Solis se sentit balayé par une vague de désespoir. Le Cartographe était dans son environnement idéal : un endroit clos, sans intervention extérieure, où il pouvait mener son protocole létal sans peur d’être interrompu.

« Il nous a piégés à nouveau, » murmura Solis. « Il savait qu’en attaquant le Procureur, il fermerait la porte à toute intervention. »

Laurent sortit son arme de service, un petit Sig Sauer compact, qu’il dissimulait habituellement sous son costume. Il la vérifia par réflexe, bien qu’il sache que tirer créerait une alerte sonore qui alerterait tout le quartier.

« Nous devons trouver une entrée, Gabriel. La Phase Finale est à 2h00. Il nous reste moins de dix minutes. »

Ils regardèrent la porte en acier blindée devant eux. Massive. Impossible à ouvrir sans les codes biométriques ou un lance-roquette.

Solis prit son téléphone pour appeler Marie-Ange, mais il n’y avait pas de réception. Les murs du Palais, conçus pour isoler de l’écoute électronique, bloquaient tout signal.

« Couverture coupée ! » Solis ragea, remettant son téléphone dans sa poche. « Nous sommes seuls. »

Laurent frappa du pied, frustré. « Je connais tous les accès de sécurité. Il y a une entrée de service pour les archives souterraines, mais elle est à l’opposé, dans la salle des scellés. On perdrait trop de temps. »

Solis réfléchit à la psychologie du Cartographe. Il n’avait pas cherché l’entrée la plus simple. Il avait cherché l’entrée la plus symbolique.

« Le Cartographe est entré par l’intermédiaire de ce qu’il connaissait, Laurent. La médecine. Il est un ancien urgentiste. Il y a un service médical au Palais ? »

« Oui. Au rez-de-chaussée, mais c’est juste un cabinet de premiers secours pour les juges et les greffiers. Une infirmière, c’est tout. » expliqua Laurent.

« Et les livraisons ? Les échantillons biologiques ? Les dossiers médicaux ? »

Laurent eut un éclair de compréhension. « Les archives médicales sont dans le sous-sol, près des Archives Légales. Ils doivent bien y avoir un accès sans passer par la sécurité principale. »

Ils se dirigèrent vers le côté Est du bâtiment. L’architecture était plus basse ici, plus utilitaire. Ils trouvèrent un portique de livraison en retrait, masqué par une série de poubelles industrielles.

Une petite porte métallique, à peine visible, avec un panneau indiquant : Livraisons Pharmaceutiques et Archivage Cellulaire.

Le loquet de la porte était déverrouillé.

« Bingo, » murmura Laurent, les yeux écarquillés. « Le Cartographe est passé par là. Il a sûrement utilisé une ruse pour se faire livrer, ou a neutralisé le personnel. »

Ils poussèrent la porte. Un couloir en béton, éclairé par des tubes de néon vacillants, s’enfonçait dans le sous-sol. L’air était humide et sentait la poussière archivée.

Ils entrèrent prudemment, leurs bottes claquant sur le sol froid.

Soudain, une alarme sonore, plus discrète que l’alerte extérieure, mais plus insistante, se mit à retentir.

« Accès Archivage. Alerte de franchissement de zone. Sécurité en approche. »

Laurent rangea rapidement son arme. « On est repérés. Le Cartographe a laissé un barrage sensoriel derrière lui. »

Solis réalisa qu’ils n’avaient pas affaire à un amateur. Le Cartographe anticipait chaque mouvement. Il leur avait laissé une entrée ouverte, mais il l’avait minée par une alerte immédiate.

« Nous ne pouvons pas remonter. S-5 est en vigueur. Nous devons monter avant que la sécurité du Procureur ne nous intercepte. » dit Solis, se dirigeant vers des escaliers en métal.

Laurent le suivit, le stress apparent sur son visage. « Les agents ici sont des anciens des forces spéciales. Ils ne plaisantent pas avec l’intégrité du bâtiment. Ils vont nous tirer dessus à vue s’ils pensent que nous sommes de mèche avec le Cartographe. »

Solis grimpa les marches, deux par deux. « J’ai le carnet. Je suis le dépositaire. Je dois me rapprocher du Procureur pour lui faire entendre raison. »

Il y avait un palier. Une porte coupe-feu, marquée Hôpital de Jour. Solis la poussa.

La pièce était le petit cabinet de soins que Laurent avait décrit. Un lit de repos, quelques équipements de premiers secours. Et un corps.

L’infirmière du Palais. Ligotée à une chaise, bâillonnée. Elle avait le visage blême de la peur, mais elle était consciente.

Laurent s’approcha d’elle, vérifiant ses liens. « Elle est vivante. Le Cartographe n’a pas de temps à perdre avec des victimes secondaires. »

Solis regarda l’environnement du cabinet. Une mallette de transport médicale, grande, en aluminium. L’équipement du Cartographe devait avoir été contenu dedans.

Il remarqua un détail sur le sol, près de la mallette. Une seringue. Et de l’eau.

« Il s’est fait passer pour un technicien de maintenance médicale, » déduisit Solis. « Il a dû utiliser un produit anesthésiant pour neutraliser l’infirmière, puis un solvant pour déverrouiller une porte sécurisée. »

Ils n’avaient pas le temps de détacher l’infirmière. La sirène de l’alerte retentissait plus fort dans le couloir.

« On doit trouver l’ascenseur de service qui mène à l’appartement du Procureur, » dit Solis.

Laurent pointa une carte d’évacuation au mur. « L’appartement est au quatrième étage. Ce couloir mène à une zone de bureaux, mais l’ascenseur est réservé. »

Ils traversèrent le cabinet, se dirigeant vers le couloir principal des bureaux. Les lumières étaient faibles. La zone était déserte, tous les employés ayant été confinés en sécurité ailleurs.

Soudain, une voix rauque et autoritaire déchira le silence.

« Police ! Arrêtez immédiatement ! Mains en l’air ! »

Un des agents de sécurité du Procureur. Un homme massif, en uniforme tactique noir, armé d’un fusil d’assaut. Il était posté à l’entrée du couloir.

Laurent sortit son arme. « Nous sommes de la PJ ! Agent sous couverture ! Nous sommes là pour le Procureur ! »

L’agent ne broncha pas. « Le Protocole S-5 me donne l’ordre de neutraliser toute menace. Vous ne faites pas partie du périmètre de sécurité autorisé. Lâchez vos armes ! »

Laurent regarda Solis, sa détermination vacillant. Il était pris en flagrant délit d’intrusion armée dans la plus haute zone de sécurité.

« Fais ce qu’il dit, Laurent, » ordonna Solis.

Laurent hésita, puis posa son arme. Solis leva les mains.

L’agent s’approcha, son fusil pointé sur eux. Il était nerveux, ses yeux balayant l’environnement.

« Qui êtes-vous ? Donnez-moi vos badges d’identification. »

Solis réalisa que le badge de Laurent était celui de la sécurité de Valois. Son propre badge était obsolète, il était en fuite, et le Cartographe venait de dénoncer l’infraction la plus grave.

Solis prit une décision rapide. Il devait jouer la seule carte qu’il lui restait : la peur de l’inconnu du Procureur.

« Je suis l’Inspecteur Solis. Nous sommes ici parce que le Cartographe est en train de torturer le Procureur. Nous avons les preuves de son protocole. » Solis essaya de se montrer calme, malgré le fusil braqué sur son torse.

L’agent de sécurité rit nerveusement. « Torturer ? C’est une intrusion terroriste. On a un homme dans le bureau. »

« Il ne veut pas de la mort du Procureur. Il veut qu’il parle ! » Solis insista.

L’agent s’approcha de Laurent, lui prenant son arme d’une main.

« Vous êtes en état d’arrestation. Vous serez contenus jusqu’à ce que le Protocole S-5 soit levé. »

Soudain, l’agent s’immobilisa. Son oreillette de communication crachota.

« Équipe Alpha, confirmez votre position. On a des bruits de lutte au quatrième étage. Répète, des bruits de lutte chez le Procureur. »

L’agent regarda Solis, le doute naissant dans ses yeux. Il y avait vraiment une menace pour le Procureur.

Solis en profita. « Écoutez ! Il est là-haut. Il utilise un défibrillateur sur le Procureur pour le forcer à parler. L’Affaire revient à la surface ! »

L’agent hésita. Il relâcha légèrement sa garde, le stress de la situation prenant le dessus. Il regarda l’arme de Laurent, puis Solis.

Solis savait qu’il devait se faire passer pour un allié, malgré tout.

« Je ne suis pas armé. Je ne suis pas la menace. Je suis le seul qui peut l’arrêter. L’homme est un ancien urgentiste. Il utilise le protocole létal. »

L’agent donna l’ordre à son oreillette : « Équipe de couverture, j’ai deux suspects. Je demande des renforts, mais j’ai un rapport sur le Procureur. »

Laurent intervint. « Nous sommes là pour vous aider ! Valois ignore cette piste, elle est à l’opposé de la ville ! »

L’agent, visiblement débordé, prit une décision rapide. Il ne pouvait pas se permettre de se concentrer sur deux intrus alors que le Procureur était en danger de mort immédiate.

« Très bien. Vous deux, suivez-moi ! Mais sans armes. Le moindre faux pas, et c’est fini pour vous ! »

L’agent remit son fusil en position sécurisée et se dirigea vers l’ascenseur de service sécurisé, un boîtier discret sur le mur.

« Nous devons aller au quatrième étage. C’est le seul accès qui n’est pas condamné. »

Solis et Laurent se regardèrent. C’était une victoire temporaire, mais une victoire tout de même. Ils étaient passés du statut de suspects à celui d’auxiliaires de sécurité.

Ils entrèrent dans l’ascenseur, étroit et métallique. L’agent inséra sa carte biométrique, puis son pouce dans un scanner. L’ascenseur démarra, montant rapidement.

Le temps était leur ennemi. 1h54 du matin. Six minutes avant 2h00.

Dans la boîte d’acier, Solis sentit le cœur du Palais de Justice battre. Il était au cœur de l’ordre qu’il avait passé dix ans à protéger.

Solis saisit l’occasion de s’adresser à Laurent. « Je dois neutraliser le Cartographe seul. Tu es l’escorte du Procureur. Tu dois le sortir du Palais immédiatement après ma neutralisation. »

Laurent hocha la tête. « J’ai compris. Tu prends le risque. Moi, je sauve le Nom. »

Solis serra le carnet contre lui. Il devait s’assurer que le Procureur ait le temps de lire au moins une partie du rapport.

L’ascenseur s’arrêta. Quatrième étage. Les portes s’ouvrirent sur un palier moquetté, luxueux. Une zone résidentielle, calme, qui contrastait avec le reste du Tribunal. Des œuvres d’art sur les murs, une lumière douce.

Une alarme clignotait au-dessus d’une porte massive en chêne, la porte de l’appartement du Procureur.

L’agent sortit, son fusil à la main. « Restez derrière moi ! »

Ils marchèrent sur la moquette, leurs pas étouffés, le silence rompu seulement par le clignotement de l’alarme et le souffle lourd de l’agent de sécurité.

Soudain, un bruit sourd et aigu déchira le silence de l’appartement. Comme un bruit de métal.

Le son d’un choc de défibrillateur.

L’agent de sécurité se figea. Il regarda la porte, ses yeux devenaient injectés de sang.

« Il… il est là ! Il est en train de le… » L’agent ne put terminer sa phrase.

Il se précipita vers la porte, essayant d’ouvrir la serrure électronique, insérant sa carte avec une main tremblante.

Solis et Laurent se regardèrent. La peur de l’agent était palpable.

L’agent déverrouilla la porte. Il la poussa.

L’intérieur était sombre, plongé dans une atmosphère de chaos. Des meubles renversés. Et une odeur étrange, métallique et acide.

Le Cartographe était là.

Il se tenait au centre du salon, au-dessus du Procureur. L’homme, d’une cinquantaine d’années, était sur le sol, ligoté sur une table de contention de fortune, recouverte d’un drap blanc. Il portait un lourd équipement de réanimation, les palettes du défibrillateur sur son torse.

Le Cartographe portait toujours son survêtement tactique. Il était concentré, ses mains gantées sur les commandes de la machine. Le défibrillateur était réglé sur une puissance maximale.

Il se tourna vers la porte, surpris par les intrus.

« Vous n’auriez pas dû venir. La phase finale est imminente. » La voix du Cartographe était calme, presque décontractée.

L’agent de sécurité, en voyant le Procureur, réagit violemment. Il leva son fusil.

« Cartographe ! Lâche le Procureur ! »

« Non, » dit le Cartographe. « Cet homme détient la vérité. Vous le savez. L’Affaire a été enterrée ici. Et la mémoire est la vie. Il doit la révéler. »

Il pressa un bouton sur le défibrillateur. Un Bip, un silence tendu.

Et un Clic sec. Le choc électrique.

Le corps du Procureur se cambra violemment, un cri muet étouffé par son baillon. L’odeur d’ozone se répandit dans la pièce.

L’agent tira. Un coup de feu, sourd dans le métal. Manqué.

Le Cartographe utilisa le Procureur comme bouclier, se cachant derrière lui.

Laurent intervint. Il se jeta sur le côté, tirant l’agent de sécurité avec lui.

« Il faut éviter la confrontation armée ! Il jouera avec ça ! » Laurent cria.

Solis se jeta vers le Cartographe. Il n’avait pas d’arme, mais il avait le carnet.

« Arrêtez ! Cartographe ! J’ai la vérité ! » Solis cria, levant le carnet au-dessus de sa tête.

Le Cartographe s’immobilisa, les yeux fixés sur le carnet. L’Annexe M.

« Vous l’avez ? »

« Oui. Je l’ai forcée à sortir de la Morgue. Elle est réelle. » Solis s’approcha lentement, exploitant l’obsession du Cartographe. « Je l’ai lu. Vous n’êtes pas le tueur, vous êtes le Protocole. Un survivant de la Phase Finale il y a dix ans. »

Le Cartographe sourit, un sourire de folie. « Vous avez lu. Alors vous savez que le Procureur, il était là. Il a vu le rituel et l’a autorisé. Il a effacé le Nom pour protéger l’ordre. »

Solis arriva à la table. Il sentit l’odeur de la chair brûlée par le défibrillateur.

« Je connais le Protocole, » Solis dit. « La Phase Finale est le huitième choc. La réanimation forcée qui révèle le Nom. »

Le Cartographe hocha la tête, intrigué par la connaissance de Solis. « Vous êtes vraiment le dépositaire. Votre mémoire est intacte. »

« Non. C’est la mémoire du Procureur que vous cherchez, » Solis affirma. « Il est le seul à connaître le Nom que Valois et moi avons enterré. »

Le Procureur, ligoté, faisait des efforts désespérés pour parler. Il pouvait entendre, mais il ne pouvait pas avertir.

Laurent et l’agent étaient en train de se battre à l’entrée de l’appartement, le fusil de l’agent s’étant écrasé contre le mur.

C’était Solis contre le Cartographe.

Solis ouvrit le carnet, cherchant la page 84.

« Vous avez menti sur le Nom, Cartographe. Ce n’est pas le Procureur. C’est le Procureur qui a classé le dossier. Le Nom ici… »

Solis pointa du doigt l’annotation d’Arnaud. « Memoria est vita. »

Le Cartographe s’approcha, son visage à quelques centimètres de celui de Solis. Il était curieux.

« Qu’est-ce qu’il veut dire ? »

Solis réalisa que le Procureur était une distraction. Le Cartographe voulait juste voir l’Annexe M, le carnet qu’il avait forcé Ombre à lui révéler.

Solis utilisa son seul avantage, la surprise. Il jeta le carnet sur la poitrine du Cartographe.

Celui-ci attrapa le carnet par réflexe, l’obsession plus forte que la peur.

Solis se jeta sur la table de contention, au-dessus du Procureur. Il utilisa le poids de son corps pour renverser le Cartographe sur la table.

Le Cartographe, pris au dépourvu, s’écrasa sur le sol, le carnet lui échappa des mains.

Solis n’a pas hésité. Il se jeta sur l’équipement de réanimation. Les palettes du défibrillateur étaient encore chargées.

Il arracha les palettes, les pointant vers le Cartographe.

« Vous vouliez le Protocole ? Vous l’aurez ! »

Laurent et l’agent de sécurité se précipitèrent. Laurent se jeta sur le Cartographe, l’immobilisant.

« Fais-le ! Solis ! » cria Laurent.

Solis allait donner le choc au Cartographe. La réanimation inversée. Il allait le forcer à voir la vérité de l’Affaire dans l’entre-deux-morts.

« Non ! » Le Cartographe se débattit violemment. « Je suis le sujet ! Je suis le survivant ! »

Solis pressa le levier. Un choc violent. Le corps du Cartographe se tendit, la pièce s’emplit d’une horrible odeur de brûlé.

Le Cartographe s’écroula, inconscient.

Solis lâcha les palettes. Il haletait. Il avait utilisé le propre protocole du maniaque contre lui.

Laurent le regarda, un mélange de respect et de terreur. « Il est vivant ? »

« Inconscient. Pour l’instant. » Solis se dirigea vers le Procureur, qui était pâle, mais respirant. Il commença à défaire les liens de contention.

L’agent de sécurité, en voyant le Cartographe à terre, se dirigea vers le Procureur, l’aidant à se libérer.

Solis se tourna vers Laurent. « On a le carnet. On a le Cartographe. Mais nous avons encore Valois. »

Solis récupéra le carnet. Il l’ouvrit, cherchant la note de Marie-Ange.

Son téléphone sonna. Un message de Marie-Ange.

« J’ai le décryptage du latin. Memoria est vita : La mémoire est l’âme, Gabriel. C’est la seule chose que le Cartographe cherche. Il ne cherche pas la révélation, il cherche la purification. Valois a menti sur l’Annexe M initiale : elle contenait la confession du Cartographe sur ce qu’il est devenu après sa propre réanimation. »

Solis réalisa l’horreur. Le Cartographe n’était pas un tueur, il était la preuve vivante qu’on pouvait revenir, mais transformé.

« Laurent, » dit Solis, sa voix tremblante. « On doit sortir d’ici. Le Cartographe n’était qu’un moyen. La fin est la vérité sur son retour d’entre-deux-morts. Et Valois le savait. »

Solis se dirigea vers la porte, le carnet serré contre lui. Il se tourna vers l’agent de sécurité.

« On doit sortir. Maintenant. Le Protocole S-5 est encore en vigueur. Vous avez le Procureur. Quittez ce bâtiment avant que Lancer n’arrive. »

L’agent, son éducation professionnelle reprenant le dessus, hocha la tête. « Bien. Nous évacuons le Procureur par la zone de confinement. »

Solis et Laurent ressortirent dans l’ascenseur, laissant l’agent gérer le Cartographe.

Ils redescendirent à toute vitesse. Leur seule chance était de sortir du Palais et d’atteindre Marie-Ange.

L’ascenseur s’arrêta au rez-de-chaussée.

Une voix retentit du haut-parleur : « Protocole S-5 violé. Équipe d’assaut Lancer autorisée à entrer. Répète, Lancer autorisé à entrer. »

Valois. Elle avait réussi à court-circuiter le protocole S-5. Elle savait qu’ils étaient au Palais.

Laurent et Solis se précipitèrent hors de l’ascenseur.

Laurent prit la parole. « On doit aller au Danton, Gabriel. C’est la seule zone neutre. »

Ils couraient dans le couloir. Le carnet à la main, Solis sentait l’urgence.

Ils arrivèrent à l’entrée de livraison. La porte était toujours ouverte.

Ils sortirent dans la ruelle. Le bruit des sirènes de Lancer était assourdissant.

Ils se dirigèrent vers la voiture de Laurent.

« Dépêche-toi ! » Solis cria.

Laurent déverrouilla la voiture. Solis se jeta à l’intérieur.

Laurent s’élança dans la nuit, le moteur rugissant.

Solis regarda par la vitre arrière. Les voitures de Lancer arrivaient, gyrophares orange et bleus clignotant.

Ils s’enfoncèrent dans les rues, prenant des détours.

Solis ouvrit le carnet, relisant la note de Marie-Ange.

Il comprit. Valois n’avait pas seulement falsifié le rapport, elle avait menti sur la nature du Cartographe pour protéger sa propre culpabilité dans sa réanimation.

Solis réalisa qu’il ne pouvait plus faire confiance à l’ordre.

Il regarda Laurent, qui conduisait avec une détermination farouche.

« Laurent. Tu es sûr que tu n’es pas mon deuxième Cartographe ? »

Laurent sourit amèrement. « Je suis le seul qui t’empêche de t’enfuir avec le carnet, Gabriel. C’est ma seule loyauté. »

Ils se dirigèrent vers le 5e arrondissement, vers le refuge de Marie-Ange.

Soudain, le téléphone de Laurent sonna à nouveau.

« C’est Marie-Ange, » murmura Laurent, les mains sur le volant.

Il répondit. Solis écoutait.

« Marie-Ange, c’est nous. On a réussi. On a le carnet, et le Procureur est vivant. On est en route. »

Marie-Ange répondit, sa voix pleine de panique. « Laurent ! Écoutez-moi bien. Le signal de Valois est en route. Elle est dans le 5e. Mais… mais Lancer vient de m’alerter sur un autre point. Le Cartographe n’était qu’un leurre. »

« Quoi ? » Laurent ralentit la voiture.

« Le vrai tueur, Gabriel. Le Nom que vous cherchez… Valois vient de le localiser. Elle a trouvé la trace que vous n’aviez pas. »

« Où ? » Solis demanda, sa gorge sèche.

« Il est dans la zone de confinement ! Valois a envoyé Lancer au Danton. Elle sait que tu vas chez moi. C’est le nouveau piège ! »

Solis sentit le sang lui geler dans les veines. Valois avait anticipé son mouvement.

Laurent, paniqué, fit un tête-à-queue maladroit.

« Merde ! On se dirige droit dans le piège ! »

Solis tenait le carnet. Il avait échangé la vérité du Cartographe contre une traque encore plus grande.

« On ne va pas au Danton, Laurent. On doit trouver un bunker isolé. »

Solis regarda le carnet de l’Annexe M. Il ouvrit les pages, cherchant une note.

Il trouva une adresse. Un ancien refuge des Archives de l’Est. L’endroit où le Cartographe avait trouvé l’Annexe M.

« Retourne aux Archives de l’Est ! » Solis ordonna. « On doit s’y réfugier. Valois ne pensera jamais qu’on y retourne. »

Laurent obéit, accélérant de nouveau.

Solis tenait le carnet. Il avait la vérité sur sa propre trahison, et il était maintenant traqué par son ancienne alliée.

Il ouvrit la page 85 du carnet. Un dessin simple. La tête d’un homme, en train de sourire. Sous le dessin : Le témoin.

Solis savait. Le Cartographe n’était pas le tueur. Le tueur était quelqu’un d’autre.

Il releva les yeux. Laurent le regardait.

« On doit se cacher, Laurent. Lancer nous cherche partout. »

Laurent conduisait vers l’Est, s’éloignant du centre.

Solis savait qu’il devait lire le carnet avant Valois.

Il serra le carnet contre lui. Il avait le dossier, mais il était désormais le fugitif.

Ils arrivèrent aux Archives. Le bâtiment était désert, silencieux. Un lieu parfait pour se cacher.

Laurent se gara à l’arrière, contre le mur.

« On entre. On se cache. Et on attend la lumière du jour, » dit Laurent, sortant du véhicule.

Solis le suivit. Il devait contacter Marie-Ange.

Ils étaient au cœur de Paris, dans le silence de l’ombre.

Solis ouvrit le carnet, cherchant le nom du Témoin.

Il trouva une note minuscule dans la marge de la page 85.

Le Cartographe est le témoin inversé. Le vrai Nom est celui qui l’a forcé à mourir la première fois.

Solis comprit. Il y avait un autre homme. Un autre médecin, plus froid, plus cruel.

Soudain, une voiture se gara violemment à l’entrée des Archives.

Valois.

Elle avait anticipé.

Solis et Laurent étaient pris au piège. Ils s’enfuirent vers la porte de service des Archives, la seule issue pour eux.

Ils coururent. Une silhouette sombre se découpait dans l’entrée.

Lancer.

Solis se jeta sur le côté, attrapant Laurent par le bras.

« On ne peut pas fuir par là ! »

Ils étaient piégés entre Valois et son équipe. Solis regarda le carnet.

Il devait le détruire. Ou le donner à Valois.

Solis regarda Laurent. « J’ai besoin de quelques minutes. Distraire Lancer. »

Laurent comprit le risque. Il sortit son arme.

« Je couvre tes arrières, Gabriel. Fais vite ! »

Solis se dirigea vers le bâtiment, cherchant une cachette.

Il devait lire les dernières pages. Il devait trouver le Nom.

Il se lança dans les entrailles du bâtiment, le carnet serré contre lui.

Il entendit des coups de feu. Laurent engageait Lancer.

Solis arriva à un ancien bureau. Il ferma la porte derrière lui.

Il ouvrit le carnet, tremblant. Il devait trouver le Nom avant d’être capturé.

Il trouva une photo. Une photo jaunie d’une équipe médicale. Le Dr. Arnaud, Valois, et un homme au visage dur. Un homme qu’il n’avait jamais vu.

Légende : L’urgentiste initial. Le Cartographe Négatif.

Solis regarda le visage de l’homme. C’était le vrai tueur.

Il réalisa que le Cartographe n’était qu’une diversion. Le véritable danger était encore là.

Solis tenait le carnet. Il avait le Nom.

Il entendit des coups violents sur la porte. Lancer l’avait localisé.

Solis ouvrit la dernière page. Il y avait une seule adresse, écrite en rouge.

L’adresse du Cartographe Négatif.

Solis mémorisa l’adresse. Il ne devait pas laisser Valois le récupérer.

Il se tourna vers la fenêtre. Il devait s’échapper.

La fenêtre était verrouillée. Solis se sentit pris au piège.

Il entendit la porte céder. Lancer entrait.

Solis regarda le carnet. Il prit une décision. Il devait détruire la preuve.

Il déchira la dernière page, celle de l’adresse, la cachant dans sa chemise.

Il ouvrit le carnet. Il devait le donner à Valois.

Valois entra, son arme pointée.

« Gabriel ! Donnez-moi ce carnet ! »

Solis regarda la couverture. Il avait gagné une minute.

Il jeta le carnet au visage de Valois.

Elle le rattrapa par réflexe.

Solis se jeta vers la fenêtre, brisant la vitre avec son coude.

Il sauta dehors, atterrissant brutalement sur la terre froide.

Il était libre, mais il n’avait plus le carnet.

Il avait le Nom. Et l’adresse.

Solis se releva, courant dans la ruelle. Il devait retrouver Laurent.

Il réalisa qu’il n’avait plus besoin du carnet. Il avait le Nom. La vérité.

Soudain, un bruit de moteur. La voiture de Laurent s’arrêta à côté de lui.

« Monte, Gabriel ! On dégage ! »

Solis monta dans la voiture.

Laurent conduisit à toute vitesse, s’éloignant des Archives.

Solis tenait la page déchirée. Il avait le Nom.

Il regarda Laurent. « On a le Cartographe Négatif. C’est le nom que tu cherches. »

Laurent hocha la tête. « Où allons-nous ? »

Solis regarda l’adresse. « La Phase Finale n’était pas le Procureur. C’était le dévoilement du Nom du tueur. Nous allons le traquer. »

Solis rangea la page, le souvenir du visage de l’urgentiste gravé en lui.

Ils roulaient dans la nuit, la seule chose qui les liait était la course contre Valois.

Solis sortit son téléphone. Il devait prévenir Marie-Ange.

Il composa le numéro.

« Marie-Ange, il y a un Cartographe Négatif. J’ai son adresse. Le carnet n’est qu’une diversion. »

« Gabriel ! Valois est au Danton ! Elle va t’intercepter ! »

« Non. Elle a le carnet. Elle va le lire. Et elle va croire que je suis le seul danger. Je suis libre. »

Solis regarda l’adresse. Il était temps de finir. Il était temps de confronter le vrai tueur.

Il raccrocha. Le jeu était terminé.

Solis se tourna vers Laurent. « On a un plan. On y va. »

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